Le modèle ASPID (adoption, substitution, progrès, innovation… détérioration) a pour objectif de modéliser le processus d’adoption et d’intégration pédagogique des technologies en contexte éducatif. ASPID s’est inspiré à la fois d’enquêtes menées auprès de plus de 50 000 élèves et enseignants au cours des 10 dernières années, de même que de quelque 1500 heures d’observation de classe où sont utilisées diverses technologies : ordinateur portable, iPad, tablette tactile, tableau blanc interactif, téléphone intelligent, etc. Ces observations ont aussi été réalisées dans divers contextes d’enseignement – de la maternelle à l’université – et sur plusieurs continents. La première phase de ce modèle représente la phase d’ADOPTION, où il est normal, au début du moins, que la familiarisation à l’intégration des technologies à son enseignement prenne plus de temps. Puis, il y a deux sentiers très différents qu’un enseignant peut emprunter : le premier entraînera une DÉTÉRIORATION de son enseignement, puisque les principales lacunes pédagogiques auront été accentuées par un mauvais usage des technologies en contexte scolaire. L’autre sentier, c’est celui où l’on arrive à la phase de SUBSTITUTION. À cette phase, il est possible de reproduire ce que l’on faisait avant en salle de classe, avec la même efficacité relative, mais cette fois-ci avec les technologies. Puis, il y a la phase de PROGRÈS où l’usage des technologies permet réellement d’enseigner de façon plus efficace. Il y a donc, à cette phase, un progrès marqué dans sa façon d’enseigner. Et ce progrès se répercute aussi sur les apprenants. Vient enfin la phase d’INNOVATION, voire même d’évolution dans l’acte d’enseigner, au sens darwinien. Là, il est possible d’enseigner ou de réaliser des tâches scolaires, avec l’aide des technologies, comme il n’aurait jamais été possible de le faire sans elles. Toutes les phases de ce modèle sont liées au niveau d’engagement collaboratif technopédagogique de l’enseignant. Néanmoins, il est important de comprendre qu’un engagement accru ne permettra pas nécessairement d’arriver au plus haut niveau. Cet engagement doit aussi être réfléchi, être fait en collaborant avec ses pairs (pour se former et s’informer), en étant à l’écoute de ses apprenants, en s’informant des dernières avancées dans le domaine des technologies en éducation, et ce, afin de réellement être en mesure d’évoluer dans sa pratique. Enfin, un modèle d’adoption et d’intégration pédagogique des technologies en contexte éducatif ne saurait être complet sans prendre en considération le degré d’usage responsable des technologies par les apprenants, et ce, à des fins d’apprentissage.  Autrement dit, selon le modèle ASPID et donc selon ma perspective de l’adoption et de l’intégration pédagogique des technologies à des fins d’enseignement et d’apprentissage, il est à la fois impératif de :  
a)    chercher à progresser comme enseignant vers le niveau INNOVATION ;
b)    viser à ce que tous les apprenants utilisent de plus en plus les technologies, de façon responsable, et pour apprendre.

Il s’agit évidemment de la première version de ce modèle. Les commentaires de mes collègues et amis praticiens ou chercheurs permettront de le raffiner, de le bonifier. @ThierryUdM

Le PDF est disponible ici.